La voix du libre

Émission de radio sur le Web et les logiciels libres

"La voix du libre" est une émission sur les logiciels libres maintenant diffusée sous forme de baladodiffusion (podcast) enregistrée le 2e mercredi de chaque mois (re)commançant le 11 décembre 2013 (Québec - Canada).
Vous pouvez nous écouter en direct ou en différé, via notre baladodiffusion

Nouvelle du 30 octobre 2013

Fork et fork bomb

Il semblerait que chez certains la mode soit au déni de fork. Haro sur le baudet, À les entendre, le fork serait responsable de tous les mots, serait même en quelque sorte une sorte de fork bomb : « Non seulement les fork bombs utilisent de la place dans la table des processus, mais elles utilisent chacune du temps processeur et de la mémoire. En conséquence, le système et les programmes tournant à ce moment-là ralentissent et deviennent même impossibles à utiliser. »

D’après les pourfendeurs du fork, ce dernier prendrait trop de place, accaparerait trop d’énergie et d’intelligence alors qu’ils pourraient être utilisés de manière plus valable pour le bien commun. Et oui, messieurs les développeurs de tous poils, vous ne le saviez peut-être pas mais les adversaires du fork prétendent s’accaparer votre énergie et votre intelligence pour la mettre dans le pot commun, licencier vos neurones en Creative Common, et le tout sous la férule d’une gouvernance mondiale pour le bien de tous, le progrès de l’humanité. Vous enfermer en quelque sorte dans deskolkhozes regroupés en une Union unique mise sous la férule d’un Comité éclairé. Cela ne vous rappellerait rien ?

Bon, inutile de rappeler que le fork fait partie intégrante du logiciel libre, de l’open source, tout le monde le sait, c’est même un des gènes des licences en cours. Alors messieurs, si vous ne voulez plus de forks, et bien changez les licences, créez un monde fermé, propriétaire. Notez tout de même que je ne suis pas contre cet autre monde, il est lui aussi justifié et nécessaire, tout comme le libre, et les deux peuvent coexister. Les deux sont les garants de nos libertés. Mais si vous supprimez le fork vous supprimez par la même occasion le droit de modification, de diversion, de création. Vous supprimez la liberté de créer car tous les développeurs devraient alors se fondre dans une organisation déjà existante ou avoir les premiers une nouvelle idée, un nouveau besoin, mais pas des besoins divergents. Et par la même occasion cessez de vous gargariser de mots tels que liberté, bien commun, libertaire, si vous ne les avez pas totalement assimilés.

Alors, certes, il peut y avoir des abus, des gaspillages, mais c’est cela aussi la liberté de chacun, faire suivant ses besoins et ses envies, et les partager avec d’autres. Gratuitement. Et cela signifie non seulement sans rémunération mais aussi sans en chercher une utilité fondamentale pour le bien d’autrui. Et s’il y a des abus, essayez d’avoir le courage de critiquer le résultat au cas par cas et non un principe, un ensemble. Si une distribution vous semble mal foutue, mensongère, trompeuse, et bien dites-le, vous pouvez la critiquer nominativement, la descendre en flamme mais inutile de généraliser et vouloir régenter le monde. N‘oubliez jamais que les créateurs de ces distributions conservent malgré tout leur liberté, y compris leur liberté de se tromper. À vous d’éviter qu’ils n’emportent trop de monde dans leur erreur.

Pour être plus explicite je vais prendre un cas concret, Ubuntu et Canonical. Je pense que Canonical se trompe sur deux tableaux, les lens commerciales, publicitaires, et vouloir développer un système commun entre le PC et le Smartphone. À l’occasion je dis tout le mal que je pense de ces deux points. Pour autant Canonical est tout à fait dans son droit lorsqu’elle fait cela, et il ne faut pas oublier que Canonical est une entreprise. Et je dis aussi qu’ils ont par ailleurs de belles réalisations, des produits sérieux, innovants, et leurs LTS une fois stabilisées sont des réussites. Et par la même occasion Ubuntu est un fork de Debian, et sont développés en parallèle une Xubuntu, une Kubuntu, qui sont d’excellents choix par ailleurs. Forkons donc.

Alors, que conclure ? Et bien tout simplement par un lieu commun, il n’existe pas une seule vérité et, partant de cela, laissez donc les gens produire en liberté, forker en liberté, tester en liberté, choisir en toute liberté. Plusieurs mondes, plusieurs vérités, plusieurs choix.